Le parfum au XVIIIème siècle, avec Historiae



Hello,

Désolée de cette semaine d'absence. Les curieux et curieuses auront sans doute remarqué la vidéo postée sur ma chaîne Youtube en Irlande. Pour ceux qui l'auraient raté, je vous prépare un petit article à propos du voyage. 


Enfin enfin, ce n'est pas le sujet de ce nouvel article. On se retrouve aujourd'hui, suite au succès de mon premier article sur la toilette du XVIIIème siècle. Je vais vous parler cette fois ci du parfum. 

J'ai le plaisir, sur ce poste de vous présenter la marque Historiae, trêve de bavardage, et bonne lecture!

Dans le faste de la cour de Versailles, les courtisans n'ont qu'un mot à la bouche : se distinguer. Mais attention, on se distingue en imitant les souverains et les plus grands du royaume. Dans cette époque où l'on cherche un retour au naturel (un naturel quand même contrôlé, artificiel), le parfum, transparent, reflète ce désir de subtilité dans a toilette aussi bien féminine, que masculine. La cour de Louis XV, vers le milieu du siècle est d'ailleurs surnommée "la cour parfumée".D'abord utilisé pour masquer le manque d'hygiène, on fait du parfum un accessoire de mode à part entière. 




C'est le siècle de la musique légère, des couleurs pastelles, Rousseau lui même prône le retour au naturel. Les parfums tout en musc ont beaucoup de succès chez les femmes galantes, que 'on reconnait à l’effluve qu'elles laissent derrière elles et rendent ainsi leur amants accrocs. 
Plus l'on est riche, plus le parfum sera travaillé, avec des notes rares et délicates. Le parfum, c'est l'aristocratie. A la Révolution, il sera d'ailleurs preuve de procès, menant certains à la décapitation. Certains nobles partiront d'ailleurs se faire trancher le coup avec un tissu imprégné d'eau de La Reine afin de revendiquer leur appartenance royaliste. 



Impossible à l'époque de se balader à Versailles sans sentir de parfums. On le retrouve sur les robes, les perruques, les cheveux et à même la peau, mais également dans les draps et dans de petites boîtes, ayant un but désodorisant, cachées dans les plis ou les dessus des tenues. Le château, à l'époque décrit comme une merveille, renferme aussi les odeurs de latrines, de renfermés, de cuisines, En 1764, La Morandière écrit d'ailleurs : "le parc, les jardins, le château même font soulever le cœur par leurs mauvaises odeurs. Les passages de communication, les cours, les bâtiments, les corridors sont remplis d’urine et de matière fécales ; au pied même de l’aile des ministres, un charcutier saigne et grille ses porcs tous les matins ; l’avenue de Saint-Cloud est couverte d’eaux croupissantes et de chats mort." Charmant. 
Les courtisans, alors attirés par ce goût du luxe, sont de plus en plus demandeurs...

On voit alors se développer les grandes maisons de parfums. Si les maisons Piver et Lubin, renommer en France, Floris l'est tout autant à Londres. C'est à cette époque que l'on voit apparaître la célèbre Eau de Cologne. Mis à part cette dernière, et ceux du célèbre parfumeur Fargeon, les parfums sont constitués d'une ou deux notes seulement; l'eau de lavande, l'eau de jasmin, etc.





Fargeon, si vous avez suivi mes articles précédents, vous savez forcément qui c'est ? Bon ok, on récap. Jean-Louis Fargeon, parfumeur français, a compté parmi ses clientes la Du Barry ainsi que Marie-Antoinette, rien que ça. Il est issu d'une grande lignée d'apothicaire/parfumeur et sera le maître de Lubin. Alors même qu'il fait faillite, ses clientes n'hésitent pas à solder leur compte pour garder le précieux artisan. Il est notamment connu pour son Traité complet de la préparation des parfums. 

Ce qui plait à leurs altesses royales ? Sa capacité de s'adapter au bon vouloir des clientes tout en créant des senteurs uniques. Installé à Montpellier puis à Paris, ses parfums parcourent l'Europe en même temps que les têtes couronnées. 



Il existe plusieurs forme de parfums, les eaux, aux vertus médicinales et olfactives, et les parfums, plus fort et utilisés par simple coquetterie. 
Les parfums musqués utilisent des essences très rares et coûteuses et sont en premier lieu réservés à une élite. Symboles des femmes avides de conquête et des favorites comme la Du Barry, ils disparaissent peu à peu à profit des notes fruitées et fleuries, très à la mode sous Louis XVI. Sans aucune surprise, c'est la reine et ses dames, notamment la Duchesse de Polignac, qui sont à l'origine de l'engouement de ces nouveautés. 
Alors que ces derniers sont plus personnels, les eaux, elles, se répandent en masse et à l'aide de recettes bien précises. L'eau de la reine de Hongrie, par exemple, est soit disant connue depuis le Moyen-Age, la légende veut qu'après l'avoir utilisé, la reine hongroise (dans un embonpoint fort peu gracieux) s'est vu demandé en mariage par le roi de Pologne. Parmi les plus connues on compte l'eau du Bouquet de Printemps, l'Eau Impériale, l'Eau de la Reine ou encore l'Eau Germanique. 

Le procédé des eaux est assez simple, je vous propose de vous pencher sur l'Eau d'Ange, qui "embaume par son agréable odeur" selon la Toilette de Flore. La petite répétition n'est pas due à un manque d'attention, j'ai recopié comme telle la recette originale de 1773.


"Mettez dans un grand alambic les drogues suivantes; quatre onces de benjoin, deux de storax, une de santal citrin, deux gros clous de girofle, deux ou trois morceaux d'Iris de Florence, la moitié d'une écorce de citron, deux noix de muscades, une demi once de cannelle, deux bonnes pintes d'eau de rose, une chopine de fleur d'orange, une chopine d'eau de mélisse. Vous mettrez le tout dans un alambic bien ficelé et vous le distillerez au bain-marie, cette distillation est une eau d'Ange exquise."


Remarquons qu'à la différence des parfums, on retrouve encore dans les eaux quelques notes boisées, malgré l'introduction de fleurs. 


Passons maintenant à la marque Historiae vous aller vite comprendre pourquoi. 
Depuis 2012, Pascale Oger a employé tout son savoir faire dans un projet unique : l'histoire de France en parfum. A la fois originale et incroyablement innovant, le concept m'a de suite plu. Leurs senteurs haut de gamme retracent les lieux et personnages qui ont fait la France telle que nous la connaissons aujourd'hui. 
Alliant tradition et qualité française, la marque nous propose parfums, savons parfumés, bougies parfumées et parfums d'ambiance, de quoi ravir tout le monde.



Je vous avoue que la première chose que je me suis dite en découvrant les produits dans la boutique des Jardins de Versailles, ça a été "Oh chouette, un énième parfum mémérisant sur le thème de Marie Antoinette" et ô combien je me trompais...
Je vous propose de découvrir la gamme Hameau de la Reine sans plus tarder. Voici ce qu'en dit la marque : 
Suivant l’exemple du prince de Condé à Chantilly, Marie-Antoinette veut avoir son propre village pour jouir des plaisirs de la campagne avec ses enfants. Cette aspiration à un éden rural est le fruit de la théorie des lumières. La reine fait construire le Hameau à Versailles en 1783 prenant à revers la vieille Cour et ses traditions. HAMEAU DE LA REINE est un parfum unique avec ses notes à la fois fraiches, vertes et florales. Il vous entraine au cœur du Hameau de Marie-Antoinette pour revivre ces moments d’émotion.
Autant dire que le résumé est prometteur. 






Le packaging est vraiment élégant. La boîte est orné d'un fond vert à toile de Jouy, exemple type des tissus produits à Jouy (dans les Yvelines) et acheté par la reine. Dans un cerclage d'or, on retrouve les initiales de Marie Antoinette. Nous n'avons qu'une envie, ouvrir et découvrir le flacon.
Une simplicité qui marche. Des courbes tout en douceurs. La encore, le cerclage d'or orne le flacon en verre épais, surmonté d'un bouchon au sceau de la marque et d'un médaillon. 

Passons maintenant à cette odeur. Très clairement, je ne suis pas fan du tout des odeurs fleuries. Je préfère le musc et le sucré. Mais pour ce parfum, je ferai une exception. Car l'odeur est à tomber. Bien sûre les notes florales sont présentes, mais elles se mélangent avec les notes de fougères venant des feuilles de figuier et tomate. C'est vraiment le parfum type que l'on a envie de porter à la campagne ou dans un jardin en été, lors d'une sortie botanique. L'univers olfactif récréé est vraiment bluffant. Les essences de ce parfum pourtant moderne auraient pu entrer dans la composition d'un parfum du XVIIIème et nous transporte à merveille dans le Trianon de Marie-Antoinette. 

Notes de tête : bergamote, bourgeons de cassis, feuille de tomate, feuille de figuier.
Notes de coeur : rose, galbanum, pivoine, géranium, seringat, lierre.
Notes de fond : vétivier, patchouli, musc, bois blanc, miel.


Les huiles essentielles contenues dans ce parfums sont issues du commerce équitable, ça, c'est un plus sympa. Je serai mauvaise langue en disant qu'il ne tient pas toute la journée, j'ai juste besoin de me reparfumer en fin d'après-midi. L'odeur est changeante selon le temps de pose, c'est assez agréable et plutôt marrant. 
Depuis que j'ai commencé à l'utiliser, je n'arrive pas à m'en passer, et pourtant, je ne trouve pas franchement qu'il soit en accord avec la saison hahaha. Je vais devoir le ranger précieusement jusqu'au printemps et essayer de ne pas être tentée par d'autres de leur gamme. Je suis très tentée par Orangerie du Roy, Bouquet du Trianon et surtout par Jardin de LeNôtre. 

J'ai également eu la chance de recevoir une bougie grand modèle Hameau de la Reine. Je ne vais peut être pas être très objective, car c'est la fan de bougie qui parle, mais c'est un vrai bijou. Elle va être parfaite sur ma cheminée afin d'accompagner ma Panpuri qui a également pour thème Marie-Antoinette.




Le prix est celui d'un parfum de qualité, soit 55€ les 50ml et 75€ les 100ml. Pour un tel produit, je trouve le prix abordable quand on voit le prix de certain parfums peu original chez Sephora... En ce qui concerne les bougie, pour les moyennes comptez 35€ et pour les grandes 45.

Vous l'aurez compris, inutile de chercher à faire soit même ses eaux, si vous êtes tentés par la parfumerie du XVIIIème, Historiae vous en donnera un aperçu de qualité. Le concept de vente est également très intéressant car les produits sont disponibles à la boutique de la marque mais également dans beaucoup de monuments historiques comme le Château de Vaux le Vicomte ou encore le Louvre, ainsi que dans les boutiques plus spécialisées. La liste des points de vente est juste ici. 


J'espère pouvoir vous présenter une autre de leur gamme mais cela devrait attendre mes prochaines acquisitions. En attendant, j'ouvre une petite parenthèse afin de vous prévenir que l'exposition sur Vigée Lebrun commence aujourd'hui au Grand Palais. Elle n'est autre qu'une des peintures attitrée de Marie-Antoinette et elle a peint le portrait qui orne la bougie. Si ce n'est pas une coïncidence...


Aller aller ciao,



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire