Elle était là.




Bonjour,

Comme certains d'entre vous l'ont déjà remarqué, j'ai réagis sur les récents événements sur ma page Facebook. J'ai hésité à faire un article, le drame est encore tout frais puis je me suis dis qu'écrire à chaud ce que je pensais serait plus vrai. Je sais que ce genre d'article va pulluler sur internet mais celui-ci est le mien et tous seront différents.
Si vous ne souhaitais pas continuer à lire alors arrêtez vous, inutile de vous faire du mal ou de remuer le couteau dans la plaie. Chacun est libre de dire mais chacun choisi d'écouter ou non.

Le vendredi 13 novembre, perdu dans la campagne rouennaise, c'était l'assemblée générale de mon association. Que je vous explique. J'en suis la secrétaire et co-fondatrice, il est donc important que je suive ce qui se dit et que je parle distinctement afin que tout ce que j'ai à dire soit entendu. Nous félicitons nos membres, les convions à un repas puis mon beau-frère, notre président nous balance la nouvelle.
Pris d'otage au Bataclan. Ma meilleure amie, habitant sur Paris ne répond pas au téléphone, je sors, je réessaie et finit enfin par l'avoir. Je suis rassuré. Nous terminons cette assemblée et repartons en voiture. C'est là que je reçois un message du copain d'une de mes amies.

"Ven. 23:13
J'ai réussi à sortir, elle est toujours dedans"

Je vais jeter un œil sur Facebook et relis une de nos conversations : "Mais pourquoi tu veux aller voir ce groupe, c'est naze", elle répond en rigolant. C'est là, c'est à ce moment là que je réalise, elle est au Bataclan, elle y est toujours, elle est vivante ? Elle est blessée ? Et son copain, comment il tient le choque ? Qu'est-ce que je dois pensais ?
Les radios passent en boucle les bruits de la nuit, pas les bruit habituels, les coups de feu à l'intérieur de la salle de concert. Je réalise et je me met à pleurer. On me demande ce qu'il y a, on me rassure, on me dit qu'on ne sait encore rien.
En réalité on sait déjà tout mais on n'ose le dire. La route est longue, déjà pour moi alors imaginez pour elle.
Puis nouveau message.

"Sam 01:26
Ils commencent les identifications, elle a pris 6 balles, je te laisse. Je vais bien, malheureusement"

C'est le chaos. Un mélange de haine, de dégoût et d'horreur. Aurais-je réagis comme ça si elle avait disparu dans d'autres conditions ? Certainement pas. La violence des gestes de cette nuit, ses dernières paroles, son copain qui s'en sort "malheureusement". Pourquoi. Pourquoi ?
La nuit me parait interminable et pourtant je bosse le lendemain. Je n'arrive pas à reposer mes yeux, je n'arrive plus à reposer mon coeur. Nous devions aller voir une expo à Versailles la semaine prochaine, nous devions passer chez Ladurée avant qu'elle reparte chez ses parents à Toulouse.

Certains trouvent pathétique de changer sa photo de profil, de poster des statuts compatissants et de faire preuve d'unité. Moi je trouve que c'est humain, laissez nous pleurer nos mort et occupez vous des votres. Combien même vous n'avez perdu aucune personne chère, c'est une part de vous, une part de nous que nous avons perdu. Nous sommes un tout, nous sommes un pays et à chaque fois que ce pays est menacé c'est en réalité vous que l'on menace. Et si vous aviez été boire un verre dans le XIème ce soir là ? Et si vous étiez allé voir les Eagles of Death Metal ?
Avec des "si" on mettrait Paris en bouteille.

Mais aujourd'hui malgré certaines personnes haineuses et cherchant seulement à remonter le courant, je peux dire que je suis fière de voir combien font preuve d'unité, de soutien et de courage. Mais je suis avant-tout fière de trouver face à ces monstres encore un peu d'humanité. Paris est touché, mais Paris ne coule pas. Paris se relève et devient encore plus forte.
Aujourd'hui les médias diffusent en masse et on a le droit de se demander si on ne nous plonge pas dans un climat d’hystérie générale. Moi je trouve ça important de partager, partager c'est se souvenir.

La France est toujours debout mais nos cœurs ne mentons pas restent couchés. Nous qui avons encore la chance de vivre, montrons nous courageux mais pas imbécile, évitons les gros rassemblement, protégeons nos vie et celles de nos proches. Imaginez un peu que ce que vous mettez en danger certain l'on perdu ce vendredi soir et aurait fait n'importe quoi pour le garder. Pensez à vos famille, la mort n'est pas quelque chose de personnel, à trop vouloir jouer les héros on en oubli le mal que cela cause.
Ce n'est pas pour autant qu'il faut rester chez soit, il y a mainte et mainte moyens de rendre hommage en montrant que le terrorisme ne nous fait pas peur mais sans se mette en danger. Nous ne restons pas chez nous par peur du terrorisme mais par respect, respect pour la vie, cette vie que les autres ont perdu.
Ce n'est pas en tentant le diable que l'on agit, ce qui veulent agir peuvent aller donner leur sang, c'est ce que je ferai.

Et surtout restons soudé, ne faites pas d'amalgame stupide, le terrorisme n'est que l'enfant bâtard de la religion et ne reflète en aucun cas un idéal de pensé prônée par celle-ci. Ne vous trompez pas de cible, profitez en pour réfléchir. Dîtes vous que certains arrivent par millier à bord de bateaux gonflables afin d’échapper à cet enfer quotidien.

Enfin, si j'avais quelque conseil à vous donner, ne priez pas, nous n'avons pas besoin de plus de religion. Vivez. Amusez vous, riez, riez au éclat, instruisez vous, buvez du champagne, manger dans les bistrots, passez en amoureux sous la tour Eiffel et profitez de la vie.
Et si vous avez le temps, passez voir cette exposition au Château de Versailles, cette exposition que je devais aller voir avec Aude, qu'elle n'aura jamais l'occasion d'aller voir.

Avec tout mon amour,
Manon.



6 commentaires:

  1. Je n'arrive pas vraiment à trouver les mots sur ces derniers jours... Mais je suis touchée par ton article...

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  2. Ton article me monte les larmes aux yeux, mes condoléances pour ton amie ... L'horreur de ces derniers jours est incommensurable mais les geste d'humanité qui en sont ressortis me laisse un peu d'espoir pour l'avenir ...

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    1. Oui, essayons à présent de reprendre nos vie et de montrer à ces fumiers que les parisiens continuent de vivre et de s'aimer.

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  3. Un article très émouvant, j'en ai eu les larmes aux yeux...
    Toutes mes condoléances pour ton amie.
    Et oui, nous restons debout. Courage à toi

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