Fragonard amoureux, la visite olfactive...




Dears,

Un petit article différent de ceux de d'habitude. Je voulais partager avec vous un coup de cœur artistique en ce qui concerne l'expo du moment au musée du Luxembourg.

Il s'agit de l'exposition Fragonard amoureux, galant et libertin. Ça fait un peu peur comme ça mais il s'agit seulement d'un rassemblement de tableaux de ce cher monsieur Jean-Honoré Fragonard. S'agissant d'un peintre du XVIIIème siècle, il représente donc avec beaucoup de génie les plaisirs du siècle des Lumières, y compris les plaisirs des jeux et de la chair.

Comme vous le savez, je suis fan fan fan du XVIIIème siècle et je ne pouvais pas rater l'expo d'un de mes peintres préférés, sisi je vous jure (oh Les Hasards Heureux de l'escarpolette, tu parles d'un nom). En plus de faire de la reconstitution historique, je suis une grosse mangeuse d'Art.
Fragonard pour moi c'est un peu le top du top. Je vous fais un petit topo vite fait...




Ce bon Jean-Honoré Fragonard est né à Grasse, dans le Sud en 1732. Il monte sur Paris et s'y installe en famille. Très jeune, il montre un fort intérêt pour les arts de la représentation. Il commence son apprentissage à 14 ans chez François Boucher. Il obtient un atelier et un logement au Louvre (THE classe) afin de décorer la galerie d'Apollon, c'est un peu la galerie des glaces parisienne, sans les glaces. On peut la voir ici si ça vous intéresse.
En 1765 qu'il rentre à l'académie grâce à son tableau Corésus et Calirhoé qui marque son affection pour la peinture historique. Mais c'est avec le genre érotique qu'il s'illustrera le plus (genre érotique pour l'époque, tu vois...).
Il côtoie Marguerite Gérard qui n'est autre que sa belle-soeur ainsi que d'autres artiste de l'époque.

Peintre Rococo, des plaisirs et de la légèreté, il peint des scènes frivoles. Une des plus connues (et ma préférée) : Les Hasards Heureux de l'escarpolette a été peint après les recommandation du client, libidineux, M. de St François (qui n'est autre que receveur général des biens du clergé, l'Eglise a bon genre hum)  « Je désirerais que vous peignissiez Madame sur une escarpolette qu'un évêque mettrait en branle. Vous me placerez de façon, moi, que je sois à portée de voir les jambes de cette belle enfant et mieux même, si vous voulez égayer votre tableau. »




'Fin bon, vous l'aurez compris, Fragonard ceux sont ces femmes aux joues roses, ces paysages luxuriants, ces personnages ronds et joyeux, tout l'esthétisme des fêtes et des jeux galants.




Je vous laisse avec la présentation officielle de l'expo, si vous ne souhaitez pas la lire, passez donc, je vous expliquerai un peu plus en détail après...
L’inspiration amoureuse parcourt l’œuvre de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806). Se faisant tour à tour galante, libertine, audacieusement polissonne ou au contraire ouverte à une nouvelle éthique amoureuse, celle-ci ne cesse en effet de mettre en scène la rencontre des corps et la fusion des âmes. Inaugurée au mitan du XVIIIème siècle par des bergeries nourries des derniers feux de la galanterie, cette inlassable exploration de la sensualité et du sentiment s’épanouit par la suite au travers de voies contrastées, le « Divin Frago » s’illustrant avec autant de subtilité dans  des œuvres « secrètes », scènes d’alcôve à la sensualité affirmée, que dans la célébration d’un amour sincère et moralisé. Réunissant peintures, dessins et ouvrages illustrés, au contenu érotique parfois explicite, l’exposition du Musée du Luxembourg met pour la première fois en lumière l’œuvre de Fragonard à travers ce prisme amoureux, la resituant à la croisée des préoccupations esthétiques et morales du siècle des Lumières.

Le commissaire n'est autre que Guillaume Faroult, conservateur en chef des peintures du XVIIIème au Louvre. Alors que moi j'ai l'impression de vous parler d'une célébrité, j'entends déjà vos "ouais ouais c'est cool, qui c'est celui là ?" Haha.





Je eu la chance d'avoir une guide pour la visite qui travaille normalement au musée du parfum à Grasse et qui en plus d'être très agréable était un puits de connaissance assez étonnant en matière de senteurs mais aussi de Fragogo. Au début de la visite, on nous équipe d'audioguides et de casques afin de bien entendre la guide.

Rendez-vous dans la première salle, nous passons devant Le Colin Maillard et nous regroupons. Notre guide nous explique le déroulement de la contre-visite; 15 minutes de casque, 30 minutes d'atelier placé sous le signe des parfums et 45 minutes de présentations de tableaux.




On nous distribue une première mouillette trempée d'un parfum, une chacun. Nos yeux se ferment et on décrit tous chacun notre tour l'univers olfactif de la senteur. Pour moi, quelque chose de masculin, de lourd, de fort, un peu boisé. Seconde mouillette, un univers plus divin, peut être camphré et chaud, sans doute de l'encens. Bingo. On nous demande ensuite d'assembler les senteurs afin de trouver le tableau dont il s'agit; Corésus et Calirhoé. 
Seconde expérience avec une senteur très féminine, poudrée et douce et une autre, désagréable. Les deux ensembles, nous nous tournons vers Psyché montrant à ses sœurs les présents de Cupidon, dont le personnage de l'envie dans le ciel représente l'odeur puante.





J'ai beaucoup  apprécié ce type d'approche car peu commun. Il aide à développer nos sens et notre imagination. C'est assez fou de voir comment on peut associer le visuel et l'olfactif sans aucun soucis et à quel point ils collent et se complètent mutuellement. Ma petite maman qui m'accompagnait pour cette visite a beaucoup aimé cette première partie.

Par une porte dérobée nous entrons dans l'atelier. On laisse nos sacs et on prend place autour de la table. Là on nous distribue des mouillettes et nous nous adonnons au même exercice, quels univers, ce que cela nous évoque, etc.
Après avoir reçu 6 senteurs très différentes et après les avoirs décortiquées, nous retournons dans l'exposition.
Elles sont vraiment surprenantes et pas communes du tout. On apprend que certaines sont naturelles, issus de distillation, que d'autres sont synthétiques, comme la violette, et que d'autres encore portent des noms comme C2345 et sont de pures inventions. Le but du parfumeur étant de créer de nouvelles senteurs sans cesse...



La guide se place en plein milieu de la salle et nous désigne 4 tableaux que nous devons décrire olfactivement. Je remarque un des tableaux, Le billet doux, qui va être celui que je choisie de décrire. Je ne sais pourquoi, sans doute l'atmosphère féminine et feutrée, assez cosy et pourtant poudrée.
Pour moi ce sera...

Note de tête : Fleur d'oranger
Note de coeur : Bois de Santal
Note de font : Cuir




Le néroli (ou fleur d'oranger) représente le côté féminin et jeune du tableau, les joues roses de la jeune femmes. Le Bois de Santal c'est la touche boisé et calfeutré de l'atmosphère, les rideaux de la fenêtre et du lit. Enfin Le cuir c'est pour le côté sensuel, le regard en coin, le sujet du billet doux, la position de la jeune femme.

Ce qui est intéressant c'est de voir que nous n'avons pas tous choisi la même chose car tout le monde à une façon différente d’appréhender un tableau. L'Art est adressé au grand public mais également très personnel et c'est pour cela que je l'apprécie. Il permet de faire passer des messages et chacun y voit ce qu'il souhaite voir.
Ce moment mère-fille était vraiment agréable et l'expo superbe. On retrouve des classiques venues de partout, comme des choses peu connues de l'artiste. Elle se termine malheureusement bientôt, le 24 janvier. Si vous y êtes passé, je serai curieuse d'avoir vos impressions par commentaires :)



Fragonard amoureux, galant et libertin au musée du Luxembourg.
  -> 16 septembre 2015 au 24 janvier 2016. 

Aller, ciao ;)


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